" Mon esprit
fut élevé à contempler comme à découvert
la gloire dont mon Sauveur jouissait dans le ciel par sa glorieuse
ascension ; et je vis que de son divin cur sortait une
corde d'amour et de charité qui vint lier et serrer si
étroitement le mien, que le cur de Jésus
et le mien ne se pouvaient plus séparer. Je ne saurais
expliquer l'amour que je ressentais pour lors : ce n'était
point un amour humain, ou qui fût produit de moi, mais
c'était la charité de Dieu même qui était
regorgeant en moi. " |
Armelle Nicolas naquit,
aînée de cinq frères et surs, dans
la maison de paysans illettrés, pauvres et pieux près
du bourg de Campénéac, ancien diocèse de
Saint-Malo. Dans son enfance, elle gardait les troupeaux et se
consacrait aux soins de la maison. À la mort de son père,
elle trouva à se placer comme servante chez une dame de
Ploërmel. Elle entra ensuite au manoir d'Arradon au service
de Gabriel du Bois de la Salle, écuyer, seigneur de Roguédas,
où elle resta jusqu'à la fin de sa vie. Là,
elle abandonna tous ses biens aux pauvres, recevait avec une
égale patience les laïcs et les clercs qui se pressaient
pour recevoir les lumières de sa foi. Sous la direction
spirituelle des pères Carmes, elle vécut d'intenses
extases mystiques, des communications intérieures directes
du Christ, ainsi que de lourdes épreuves spirituelles.
Son corps est conservé
à l'évêché de Vannes et son crâne
dans la sacristie de l'église de Campénéac. |