 |
Ndre (en albanais
pour André) Zadeja est né à Shkodra, en
Albanie. En 1903 il entra au Collège xaverien des Pères
jésuites, où il obtint son diplôme en 1912.
Le 30 septembre 1913, il partit pour Innsbruck, où il
étudia la philosophie et la théologie jusquau
16 mars 1916. Une fois ses études terminées, il
rentra chez lui et fut ordonné prêtre. Peu après,
il fut nommé par Monseigneur Jak Serreqi, archevêque
de Shkodra, comme secrétaire personnel. À la fin
de sa mission, il servit comme curé à Mal të
Jushit, Bogë, Shkrel et Sheldî. Suivant les traces
du père Gjergj Fishta, prêtre et poète, il
composa également poèmes et des drames historiques.
Pour la délicatesse de ses poèmes religieux, dont
beaucoup étaient dédiés à Notre-Dame,
et apparaissaient comme un véritable catéchisme
en vers, il reçut le surnom de « poète de
la tendresse ». Durant les années de loccupation
fasciste italienne puis nazie, il fut curé à Sheldija,
un village de montagne à lest de Shkodra : pour
avoir accueilli les opposants aux deux régimes, il risqua
sa vie à plusieurs reprises. Mais une autre menace planait
sur lAlbanie, incarnée par les partisans communistes
qui avaient pris le pouvoir. Don Ndre en était conscient,
à tel point quil déclara, le 16 août
1944, lors de la messe dans son église de Sheldija : «
Je dois vous dire aujourdhui deux mots, surtout à
vous, jeunes ; Un nuage noir, porteur dune idéologie
rouge, est sur le point de vous tomber dessus. Alors vous ne
pourrez rien y faire, seulement le supporter avec tous ses maux,
et parmi ceux-ci se trouve la négation de Dieu. »
Le 3 février 1945, les habitants du village furent rassemblés
à lécole primaire de Sheldija, et priés
de remettre leurs armes. Le seul à refuser fut un paysan
qui fut fusillé sans procès. Don Ndre, indifférent
au risque, mais pleinement conscient de ses devoirs de prêtre,
lui donna ouvertement l'absolution : ce geste fut considéré
comme un acte hostile au régime et il fut arrêté.
Enfermé dans la prison de Shkodra, il y trouva dautres
membres du clergé catholique. Finalement, le 25 mars 1945,
Don Ndre fut sorti de prison avec treize autres prisonniers,
pour être fusillé. Les prêtres restants, qui
les virent passer de derrière les barreaux, leur donnèrent
leur dernière bénédiction. |
|