30 mars

(9 références)

 

St Rieul (IIIème siècle)

vitrail contemporain

Premier évêque de Senlis, il fut l'un des évangélisateurs de la Gaule avec entre autres, St Denis de Paris et St Lucien de Beauvais. Il parcourait les forêts et les campagnes environnantes, les chaumières et les villages pour y annoncer l’Evangile ou rencontrer d’autres missionnaires. Après un ministère d’une quarantaine d’années, il s’en alla dans la paix du Seigneur (fin du IIIe siècle).

St Jean Climaque (575-650)

icône contemporaine

Il venait de Palestine quand il se rendit au monastère Sainte- Catherine du Sinaï. Il avait seize ans et il y restera dix neuf ans sous la direction d'un moine vénérable qui lui apprend la vie parfaite. Un jour, ce dernier l'emmène auprès d'abba Jean le Sabaïte, ascète respecté. Celui-ci verse de l'eau dans un bassin et lave les pieds de Jean, et non pas du vénérable vieillard. Interrogé pourquoi, Jean le Sabaïte répond : "J'ai lavé les pieds de l'higoumène du Sinaï." La prophétie devait se réaliser quelques décennies plus tard. En attendant, son maître étant mort, Jean se retire au désert durant quarante ans. Il ne refuse jamais de donner quelques conseils et quelques enseignements quand on vient le trouver. Des envieux le traitant de bavard, Jean comprend qu'on enseigne plus par les oeuvres que par les paroles. Il rentre alors dans le silence. On devra le supplier de reprendre ses enseignements, ce qu'il fera par miséricorde. Après avoir longuement visité les monastères de l'Egypte, il revient au Sinaï et c'est à ce moment qu'il est élu higoumène du monastère Sainte-Catherine. Vers la fin de sa vie, on lui demande de rédiger "L'Echelle Sainte" (en grec "klimax", d'où son nom) qui résume l'expérience spirituelle des trois premiers siècles du monachisme.

Ste Osburga (XIème siècle)

icône contemporaine

Elle fut la première abbesse de l'abbaye de Conventry en Angleterre et son culte fut confirmé au XVe siècle parce que sa châsse était devenue un lieu de pèlerinage.

St Jules Alvarez Mendoza (1866-1927)

Né en 1866 à Guadalajara au Mexique, il devint curé d'une petite paroisse où se déroula toute sa vie. Pauvre parmi les pauvres, aidant chacun à survivre en leur apprenant des petits métiers, il était d'un caractère amical et chaleureux. Lors de la persécution de 1927, il fut arrêté et conduit sur une décharge d'ordures pour y être fusillé et abandonné. Ses dernières paroles furent : "Mon délit c'est d'être ministre de Dieu. Je vous pardonne."

Bse Marie-Restitute Kafka (1896-1943)

En 1896, ses parents s'installent avec leurs six autres enfants à Vienne, où le père est cordonnier. Elle est vendeuse, et en 1914, entre dans la congrégation hospitalière des franciscaines de la Charité à Vienne. À sa profession religieuse, elle prend le nom de Maria-Restituta et devient infirmière anesthésiste à l'hôpital de Mödling en 1919. Après l'Anschluss en mars 1938, elle s'oppose au régime nazi, refuse d'ôter les crucifix dans son hôpital, et entre en conflit avec le chirurgien Lambert Stumfohl, partisan du nazisme qui la dénonce comme opposante. Arrêtée le mercredi des cendres 1942, sous le prétexte d'avoir propagé des écrits satiriques à l'encontre d'Hitler, elle est condamnée à mort le 29 octobre 1942 par le Volksgerichtshof pour « Feindbegünstigung » (collaboration avec l'ennemi) et « Vorbereitung zum Hochverrat » (préparation de haute trahison). L'archevêque de Vienne Theodor Innitzer introduit un recours en grâce, mais seulement au bout de trois mois, et la demande tardive est rejetée par Martin Bormann. Elle est décapitée le 30 mars 1943 à la prison de Vienne, après avoir demandé à l'aumônier de tracer une croix sur son front.

Mère Elisabeth de l'Eucharistie (Elise Rivet) (1890-1945)

Elise Rivet, née en 1890 en Algérie, entre au couvent de Notre Dame de Compassion à Fourvière (Lyon) en 1910. Cette institution, née au début du XIXème siècle, accueille des mineures délinquantes, des enfants confiés par des familles dépassées, plus tard des Pupilles de l’Etat. En 1933, elle est nommée supérieure générale et porte désormais le nom de Mère Marie Elisabeth de l´Eucharistie. On la décrit comme une femme qui a "Un sourire sur les lèvres et le crucifix dans le cœur". Femme forte, elle a l'habitude de la lutte pour défendre ses soeurs et ses protégées. Pendant la deuxième guerre mondiale, Mère Elisabeth commence á s´engager dans la Résistance. Son monastère sert de dépôt d´armes et aux archives. Elle est courageuse, aime son pays et est en peine pour les enfants menacés. Alors, elle protège des réfugiés et des enfants juifs de la Gestapo, en dépit des risques encourus. A la suite d'une trahison, elle est arrêtée en mars 1944. D'abord incarcérée au Fort de Montluc, elle est finalement deportée à Ravensbruck fin juillet. Partout où elle est passée, elle a témoigné de calme et de bonté, partageant sa maigre pitance avec plus faible qu'elle, organisant aussi des temps de prière pour ses compagnes d'infortune. Elle est un "centre de tranquillité et d'espérance" dans cet enfer. Il y a beaucoup de témoignages, dont celui de Genviève de Gaulle qui la rencontrera. Un an plus tard, elle meurt gazée le 30 mars, un Vendredi Saint, voulant accompagner une de ses protégées terrorisée. Ses deniers mots sont : « Je pars pour le ciel, informez Lyon ». Seulement six jours plus tard, la Croix-Rouge allemande peut évacuer 7.500 femmes de Ravensbruck. Deux mois plus tard, la guerre est finie.

 

sur sa vie

v. María Rocío de Jesús (1923-1956)

Maria Josefa naquit à Colmenar (Málaga) le 16 mai 1923. Au sein de la famille, elle vit des valeurs chrétiennes. Depuis qu'elle est toute petite, elle appartient à « L'Alliance de Jésus par Marie » et y respire l'amour pour Marie qui la caractérisera toujours. Elle passa sa jeunesse entre études, travail à domicile et postolat, accompagnant ses parents qui sont obligés de déménager souvent, à cause de leur travail. Elle exprima bientôt le désir de se consacrer à Dieu dans la vie religieuse, mais dut attendre de terminer ses études. A vingt et un ans, elle entre dans la Congrégation des Religieux de l'Amour de Dieu, changeant son nom de baptême en Sœur Maria del Rocío de Jesús Crucificado. Au cours des années de formation à la vie religieuse, Sœur Rocío assimile la spiritualité des Sœurs de l’Amour de Dieu et les engagements de consécration. Elle est serviable, proche de tous et humble ; L’amour de Jésus, de l’Eucharistie et de la Vierge caractérise sa vie de disciple de Jésus. Elle fit profession le 19 juillet 1947. Cette journée fut la plus heureuse de sa vie. " J'ai de bons souvenirs d'elle. Je Lui ai tout donné. J'ai dit Oui à tout et je veux toujours continuer à le lui dire et le lui dire en souriant". Son expérience de l’amour de Dieu l’a conduite à un dévouement total, joyeux et libre envers tous, en particulier ceux qui en ont le plus besoin, les enfants et les jeunes. Tout le monde se souvient d’elle comme d’une enseignante idéale et d’une bonne conseillère sur les problèmes difficiles. Les dernières années de sa vie se passèrent à Rome. Ici, de manière inattendue, la vie de sœur Rocío approche de son but. Elle sait: " Je ne sais pas ce que le Seigneur veut de moi... Je n'ai pas peur de la mort, Il me donnera le paradis parce que je ne suis pas capable de le gagner même si je vis jusqu'à la fin du monde..." Le Jeudi Saint, son état de santé s’aggrave. Elle est consciente de tout et se rend compte de sa situation ; Il parle à la Vierge, répétant sans cesse : "Emmène-moi, Mère, emmène-moi au Ciel parce que je ne peux pas être loin de Toi... Regarde-moi avec compassion, ne me quitte pas, ma Mère". Tôt le matin du 30 mars 1956, un Vendredi Saint, Sœur Rocío commençait une autre vie, la Vie dans la résurrection, celle qui ne finit jamais.

Cora Evans (1904-1957)

Cora Evans naquit en 1904 dans l’Utah, au sein d’un foyer mormon. À l’âge de 3 ans, elle eut une première vision de la Vierge Marie. Elle continua à grandir dans la tradition mormone et épousa son mari dans un temple mormon. Peu de temps après son mariage, Cora se mit à avoir des doutes sur sa religion, et entama un long chemin d’investigation. En 1934, elle tomba sur une émission de radio catholique, qui l'interpella. Elle décida de contacter un prêtre catholique de la paroisse locale, et fut assez vite convaincue que Dieu l’appelait là. Un an plus tard, Cora, son mari et leurs deux filles se convertirent au catholicisme. En 1938, elle recommença à avoir des expériences mystiques, et décida de consacrer à Dieu le restant de sa vie. Après leur conversion, Cora et sa famille subirent de nombreuses persécutions de la part de la communauté mormone, et durent partir s’installer en Californie. Cora continua à avoir des visions, et se mit en quête d’un directeur spirituel pour bénéficier d’un éclairage sur ces expériences. Un prêtre jésuite, le père Frank Parrish, accepta cette mission et devint son guide. Cora découvrit quelle était la mission de Dieu pour elle : “L’humanité mystique du Christ, une façon de prier qui encourage les gens à vivre avec une conscience accrue de la présence de Jésus en eux et au cœur de leurs vies. C’est la spiritualité eucharistique, et Jésus promit d’entretenir cette dévotion.” Cora décrivit cette spiritualité ainsi que ses expériences mystiques dans un journal. C’était pour elle une tâche difficile car elle n’avait reçu qu’une éducation modeste et la religion catholique était encore relativement nouvelle à ses yeux. Son intense dévotion fut accompagnée de nombreuses grâces : stigmates, bilocation, parfum de rose en sa présence. Cora tentait de dissimuler tous ces phénomènes, elle fut une mystique discrète, inconnue de tous hormis de sa famille, ses amis, quelques prêtres et religieux. Elle fut une humble femme au foyer dédiant sa vie intérieure à Dieu. Elle mourut en 1957 et avant sa mort, demanda à Dieu de lui attribuer la même grâce qu’à Ste Thérèse de Lisieux : passer son ciel à faire le bien sur la terre. Depuis sa mort, ses écrits ont été lus très largement et sont une source de renouveau spirituel pour de nombreuses personnes. La cause pour sa canonisation a été officiellement ouverte en 2012.

p. Nicolae Steinhardt (1912-1989)

Fils d'un vétéran médaillé de la première guerre mondiale, patron d'une fabrique de meubles, Aurelian Steinhardt est titulaire d'une licence en lettres et docteur en droit. Lorsque la dictature communiste commence (6 mars 1945), il a déjà publié de nombreux articles et ouvrages, et aussi traduit en français nombre d'écrits spirituels roumains. En 1960 il est ciblé par la répression du régime. Pour n'avoir pas voulu trahir des amis inquiétés et arrêtés par la Securitate, il est lui-même condamné à treize ans de détention, où il va connaître les terribles conditions des camps punitifs communistes. Torturé et battu, il découvre le Christ dans ces conditions extrêmes, et sera baptisé "à la sauvette" par un prêtre orthodoxe, assisté de deux prêtres grecs-catholiques faisant le gué. libéré plus tôt, en 1964 grâce à une amnistie, il reprend un temps ses activités d'écriture, dans le cadre de la politique de « libéralisation » des débuts du régime Ceaucescu. Il publiera des essais et commentaires littéraires, entrelacés de considérations morales. En 1980 il entre au monastère de Rohia sous le nom de frère Nicolae, tout en restant en contact avec les milieux littéraires. Son style très libre et franc, souvent plein d'humour et toujours vrai, dans un contexte de peur et de distorsion organisée de la parole, lui fait toucher un public toujours plus vaste, allant des intellectuels qui viennent toujours le visiter au monastère, aux paroissiens du coin venu écouter ses homélies. Il meurt dans des circonstances non élucidées, probablement assassiné, lors d'une visite à Bucarest. De fait, sa cellule est immédiatement mise à sac par la securitate.
Son oeuvre la plus connue est "le journal de la Félicité" (Jurnalul fericirii), composition complexe où il parle de son expérience spirituelle au cours de sa détention. Il fut confisqué à plusieurs reprises par la Securitate, qui n'a jamais cessé de le surveiller, mais il parvint pourtant à cacher un exemplaire de la troisième version, et ce texte est à la base des éditions successives en Roumanie et en France.

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